« Un diplôme qui ne débouche pas sur un emploi ne mérite pas son nom de diplôme. C'est un mensonge de dire à des étudiants qui s'engagent dans certaines voies qu'ils auront un diplôme s'il ne débouche pas sur une place », déclare Nicolas Sarkozy, président de la République, lors de ses voeux aux personnels de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche, à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), jeudi 5 janvier 2012 à midi, devant un millier de personnes. « Il faut accepter de dire que la première mission de l'école, c'est de préparer à la vie active. Il faut rapprocher l'école et le monde du travail », poursuit-il, dans un discours essentiellement axé sur l'enseignement scolaire et la « nécessaire » redéfinition du métier d'enseignant
« Selon Pôle emploi, 46 % des projets de recrutement étaient considérés comme difficiles en 2007, encore 40 % en 2011, malgré la crise ! », souligne-t-il. « Nous avons apporté une première réponse à ce problème dramatique avec l'instauration d'une nouvelle mission pour les universités, celle de l'orientation et de l'insertion professionnelle de leurs étudiants. Parallèlement, les stages se sont développés et la formation par alternance dans l'enseignement supérieur a crû très considérablement. »
Le président estime que « tout l'effort vers l'excellence » doit « au bout du compte bénéficier à nos enfants, aux étudiants ». « On a eu raison d'ouvrir en grand les portes des lycées et des universités, mais on a eu tort de ne pas les préparer à accueillir tous ces élèves. Ce qui était présenté comme un système ouvert à chacun était en réalité un entonnoir fermé à beaucoup. Ce fut le grand mensonge pour toute une génération. (…) Nous devons accepter de traiter différemment celui qui est différent, adapter la pédagogie à la personnalité de l'élève. »
« LE LIEU NATUREL POUR LA RECHERCHE, C'EST L'UNIVERSITÉ »
Pour l'enseignement supérieur et la recherche, le président esquisse un bilan du quinquennat. « Quatre ans après le vote de la loi LRU, la quasi-totalité des universités sont autonomes ! Je ne sais pas si vous vous rendez compte du bouleversement qui s'est produit. En 2007, le simple mot d'autonomie mettait des milliers de gens dans la rue, lesquels étaient complètement sincères, mais manipulés. Les universités peuvent désormais créer des fondations, recruter selon leurs besoins, devenir propriétaires et même gestionnaires de leur patrimoine. » Il « salue l'extraordinaire dynamisme des présidents d'université et de leurs équipes ».
Le président ajoute : « En matière d'enseignement supérieur et de recherche, la France souffrait d'un retard de moyens financiers que nous nous sommes efforcés de rattraper ». Il rappelle que « le secteur de l'enseignement supérieur a vu sa dotation augmenter de neuf milliards d'euros depuis 2007 », que « les ressources affectées aux universités ont augmenté de 23 % en moyenne » et que « les moyens accordés par l'État ont augmenté en cinq ans deux fois plus que sur les dix années précédentes ». « Ces chiffres, je les dois au pays ! », ajoute-t-il.
Il évoque également « l'immense réorganisation du paysage universitaire qui concerne aussi bien les sites que les disciplines » : « Elle permettra aux universités de renforcer les liens entre recherche et innovation, en s'arrimant davantage à leurs territoires et aux entreprises qui y sont implantées. Le lieu naturel pour la recherche, c'est l'université. »
« DE SÉRIEUSES RAISONS D'ESPÉRER »
S'agissant des investissements d'avenir, Nicolas Sarkozy rappelle que « les premières vagues d'appels à projets ont suscité un engouement exceptionnel. Plus de 800 projets ont été déposés et 219 ont été sélectionnés. » Il ajoute que « l'excellence a été valorisée sur tout le territoire », citant « la greffe de visage à Amiens, le développement de nouvelles variétés de blé en Auvergne, des matériaux de nouvelle génération à Nantes et des technologies du ferroviaire à Valenciennes ». « Le résultat, c'est que d'ici à cinq ans, nous aurons en France un nombre significatif d'universités de dimension mondiale. »
Ces « changements profonds » lui « donnent de sérieuses raisons d'espérer », poursuit-il, ajoutant que « les déclinistes ont eu tort ». « Depuis 2007, le nombre de décisions d'implantation en France de sièges sociaux de groupes étrangers a été multiplié par trois. Le triplement du crédit impôt recherche a fait de la France le pays le plus attractif d'Europe en matière d'innovation. La France figure à la 2e place des pays européens pour l'accueil des investissements étrangers créateurs d'emplois. La France attire. »




