Prépa, fac de médecine, grandes écoles... le bizutage continue à sévir malgré une loi de 1998 interdisant cette pratique. D'ici la fin de l'année, un nouveau projet de loi promet de renforcer les contrôles.
L'affaire de cet étudiant victime de scarification lors d'une soirée de l'université Paris-Dauphine a beau faire grand bruit, elle n'a malheureusement rien d'étonnant. "A chaque rentrée, nous recevons 20 témoignages de petits nouveaux ou de leurs parents qui sont harcelés par leurs aînés", estime Marie-France Henry, présidente du Comité nationale contre le Bizutage (CNCB).
Cette année encore, cinq étudiants d'une grande école parisienne auraient été tondus lors d'un week-end d'intégration, appelés "WEI" (prononcé "ouailles"), d'après l'association SOS Bizutage, qui ne dévoile pas le nom de l'établissement. Plus grave, l'an dernier, deux étudiantes de l'Institut commercial de Nancy (ICN) et de l'ESC Grenoble avaient déposé plaintes pour viol.
"Dans les établissements les plus prestigieux et les écoles militaires, les élèves ont pris le pouvoir, déplore Marie-France Henry. Le bizutage y est considéré comme l'ultime phase du concours aux grandes écoles". D'ailleurs, selon une enquête réalisée auprès de 3.500 parents d'élèves, plus d'un sur dix connaît une victime de bizutage dans son entourage. "Associées à une alcoolisation massive, de telles humiliations peuvent laisser de graves séquelles", alerte Marie-France Henry.
Source : Capital



